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| Crise nigériane : l’arrondissement de Kontcha paralysé |
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Fortement enclavé, l’arrondissement de Kontcha dans le département du Faro et Déo est la porte de l’Adamaoua sur le Nigéria. Une position géographique rendue difficile par l’absence de voies de communication dignes de ce nom. Le lot quotidien du voyageur est constitué de routes sinueuses et en terre, pas de pont en vue sur les rivières, pas d‘électricité et de réseau de téléphone pour quelque liaison avec les localités camerounaises voisines. Le seul moyen de rallier Kontcha de l’intérieur est la traversée de la rivière Déo. Ici, il n’existe pas d’embarcations appropriées pour alléger la traversée. D’où l’appel à la mobilisation du Lamido. Avec 80% des produits alimentaires importés du Nigéria voisin, la bourgade de Kontcha est actuellement encline à l’insécurité alimentaire. A la sous préfecture de Kontcha, au poste de police de la frontière, au bureau des douanes et à la brigade de gendarmerie locale, on se ronge les sangs, suite à la timidité des activités économiques. Le marché sous régional du village, habituellement chargé de produits divers et bondé de monde, fait grise mine. Les populations sont freinées dans leur élan par ces restrictions économiques imposées par la fermeture des frontières. La caravane de vente promotionnelle du ministère du commerce s’y est rendue, chargée de produits alimentaires et matériaux courants. Cette caravane était soutenue par les partenaires commerciaux tels que Soacam et Fokou. Cette descente sur le terrain menée par le délégué régional, Mohamadou Cavaye, visait à approvisionner les populations de Kontcha. Pour les entreprises – partenaires du Mincommerce, le but n’était pas d’engranger des bénéfices, mais d’accompagner l’action du gouvernement. L’opération ne résout pas totalement les problèmes d’approvisionnement de Kontcha. Toutefois, elle aura permis de jauger le niveau des besoins. L’économie locale asphyxiée par l’absence de ravitaillement et par la flambée des prix des denrées fait du quotidien un calvaire. À titre d’illustration, le sac de riz est vendu sur place à 25000F voire 26000F, ne parlons pas du sucre, de l’huile, du savon, etc. Ces produits obtenus aux prix standards durant la campagne comme à Ngaoundéré, cas du riz à 19500F, ne pouvait être qu’une aubaine pour les populations qui ne se sont pas fait prier pour sauter sur l’occasion. Le prix du carburant que les automobilistes et motocyclistes ne voyaient plus pour leur ravitaillement est quant à lui passé de 400F à 1000F. Une situation désastreuse accentuée par l’absence de station service des centaines de kilomètres à la ronde, Tignère ne disposant nullement de pompe. Pour le sous préfet, Mohamadou Yaya, la caravane promotionnelle est salutaire et de telles initiatives devront se multiplier pour l’amélioration du panier de la ménagère de sa circonscription. Des réactions positives faciles à comprendre aux vues des réalités de ce village dont le développement se trouve fortement miné, assujetti à sa géographie. Rodrigue TAPEO
Comment les compatriotes de Goodluck Jonathan installés dans la cité économique camerounaise apprécient l’actualité dans leur pays natal. Un coup de fil au secrétaire général du PDP (People’s Democraty Party), parti politique au pouvoir au Nigéria, donne à constater que la grève générale consécutive à l’augmentation du prix de l’essence au Nigeria, n’alimente pas vraiment les débats dans les institutions publiques nigérianes de Douala. « On n’a aucun problème à Douala. Nous sommes bien» répond-il au reporter de votre journal. Nous sommes jeudi 12 janvier et les dernières informations en provenance du Nigéria annoncent une fois de plus des manifestations syndicales. Au consulat du Nigeria, sis au quartier Bonanjo, les événements retransmis par les chaines de télévisions nigérianes n’égaient personne dans la salle d’attente. Les images de la crève sont diffusées en boucle sur ALT, une chaine d’informations nigérianes. Toutes les émissions retransmises par la télévision portent sur la crise actuelle au Nigéria. Les messages au pied d’écran de la télévision ne sont pas négligés par les uns et les autres. Les reportages proposés par les journalistes dénoncent les derniers massacres survenus dans la ville de Lagos. Mais, dans les locaux du consulat, on ne commente pas vraiment ces événements. « Certaines personnes trouvent que c’est bien, d’autres ne disent rien. Ils estiment que c’est une affaire des riches », lance une jeune dame dans les locaux d’Air Nigeria à Douala. Les activités vont bon train dans les services de réservation de la compagnie aérienne nigériane. Les assistantes occupent chacune un box et sont au service des clients. « Vous allez dormir à Lagos », rassure un agent de la compagnie à un client au téléphone. Loin des événements de la grève dans plusieurs villes de leur pays, le souhait ici est que les choses rentrent dans l’ordre. « Mais comment ? » s’interrogent plusieurs nigérians dans un français hésitant, à Douala. En clair, les nigérians de la ville de Douala sont pour la grève générale qui frappe leur pays. Plusieurs d’entre eux estiment qu’elle est nécessaire et bénéfique pour tous les citoyens nigérians. La grande muette James Brown n’est pas au courant de la situation délicate au Nigéria. Le jeune coiffeur nigérian rencontré dans son salon de coiffure, au lieu- dit monté Douala Manga Bell au quartier Bali, prétend ne rien connaitre des troubles qui secouent le Nigeria. Etonnant, le sujet fait pourtant l’objet des débats de l’opinion nationale et internationale depuis déjà une semaine. Surpris, le jeune homme pense premièrement aux vieux démons auxquels est confronté habituellement son pays : « c’est encore la guerre civile entre chrétiens et musulmans qui reprend, j’en suis sûr ! » se rassure-t-il. Loin des origines des faits, il ajoute « certainement que c’est la secte Boko Haram qui plane sur le territoire national qui est à l’origine de ça ». Décidément, le coiffeur ne sait rien du tout des événements au Nigeria. Il fait savoir plus tard qu’il n’a aucun profit à tirer de ces manifestations. Dans un taxi, on arrive au lieu - dit Camp Yabassi. Les nigérians de ce coin de la capitale économique camerounaise possèdent des ateliers où ils vendent soit, les pièces de rechange d’automobiles, ou encore du matériel sonore. La présence de la radio semble indispensable dans tous les lieux de service. « Elle nous permet de savoir ce qui se passe dans le monde » réagit un responsable de magasins de pièces de rechange d’automobiles. Tous les nigérians du quartier sont informés de la grève qui frappe leur pays. Les points de vue de chacun d’eux restent dans la communauté, ils n’en font aucun commentaire. Equinoxe Fm, chaine de radio privée camerounaise donne les dernières informations en langue anglaise sur la gestion de la crise par le gouvernement de Goodluck Jonathan. Connectés sur la BBC Afrique, certains espèrent avoir des informations plus avancées. Didier NDENGUE |

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